Il y a quelques mois, j’avais attiré votre attention sur le talent de deux grands affichistes de cinéma, Drew Struzan et Richard Amsel, auteurs des affiches des sagas les plus connues (les nouveaux lecteurs trouveront ce billet ici). En découvrant récemment l’affiche du prochain film des frères Coen, « Burn after Reading » (également annoncé dans un précédent article), il m’a semblé utile de vous parler d’un affichiste plus adulé encore que les deux précédents, et autrement plus influent.Les plus pointus d’entre vous le connaissent pour ses génériques pour Alfred Hitchcock, Stanley Kubrick ou Martin Scorsese. Pourtant, Saul Bass fut aussi pendant vingt ans l’un des plus grands affichistes.
Dans les années cinquante, Saul Bass ne fit rien d’autre que révolutionner l’affiche de cinéma.
Jusqu’alors, les affiches étaient figuratives : conçues à partir de montage de photographies de tournage, de portraits d’acteurs ou d’illustrations de scènes du film, les affiches reprenaient traditionnellement le « contenu » du film. Enfant de l’art moderne et du constructivisme, Saul Bass imagina des affiches radicalement différentes, aisément reconnaissables encore aujourd’hui : symbolisme graphique (Bass a quasiment inventé le « logo » de cinéma), prédominance de formes géométriques et d’à-plats de couleurs vives, typographie carrée originale, images dans des lettres, chiffres prédominants, croquis à la main de personnages, bras ou mains stylisés ou découpés.
On lui doit notamment les affiches de « West Side Story », « Vertigo » ou « Shining »... Cliquez sur les affiches pour les découvrir en grand !
Depuis dix ans, le retour de l’influence de Saul Bass (décédé en 1996) est palpable, du graphisme internet à la publicité, en passant par les affiches de cinéma. Dans ce domaine, le renouveau du cinéma indépendant américain a ouvert la voie au retour d’affiches directement inspirées par son oeuvre.
Evidemment, on comprendra que Steven Soderbergh ou Woody Allen aient souhaité s’inscrire dans les pas de leurs illustres aînés Hitchcock ou Preminger. Toujours est-il que les affiches d’inspiration « saulbassienne » définissent aujourd’hui un « code » que le public identifie facilement comme celui de films « d’auteurs indépendants américains ».
Amusez-vous à détailler attentivement les affiches suivantes. Typographies (à comparer à "vertigo"), silhouettes stylisées, bras et mains découpés, à-plats colorés, croquis à la main… : ceci ne vous rappelle rien ?
Pour la petite histoire, parmi ces affiches, Saul Bass vit l’une d'entre elles l’année précédant sa mort. Il s’agissait de l'affiche du film de Spike Lee, « Clockers ». Affiche bicolore, silhouette stylisée, l’affiche rappelait évidemment « Anatomy of a Murder ». Ne se doutant pas que cette affiche sonnait le retour de son influence dans le graphisme contemporain, Saul Bass fit cette ironique boutade en réponse à cet « hommage » : « L’hommage est un terme poli quand on vole les morts. Bien... n’étant pas encore mort, disons que pour l’instant c’est encore du… plagiat, n'est-ce pas ? »
































3 commentaires:
Après la musique et la littérature , voilà un billet qui vous maintient en haut de l'affiche !
Je me suis permise d'évoquer votre existence dans ma journée for me formidable , sans vous linker par pure exclusivité...
Comme il me tarde de découvrir la prochaine note !
On va vous laisser seuls...
Chère Lady M, votre contribution à caractère panégyrique doit cesser.
Votre absence de sens critique rend Mr Courtois de plus en plus virulent à l'égard des commentaires constructifs.
Je crains qu'il ne devienne un fat très rapidement.
Merci par avance.
Sieur Bob ,
La critique reste et dans la reconnaissance et pour l'amélioration .Quand je le jugerai nécessaire , j'exposerais mes remarques constructives sans forcement faire appel à mon côté obscure .
Et puis si je me met à la critique maléfique , qu'adviendra-t-il de votre raison d'être en ces lieux ? Nan , vous êtes inégalable pour cela .( oops un compliment )
Mr Courtois jouit pleinement de son droit de réponse , à vos dépends certes , mais il reste entier.
Quant à un supposé sibère laisser-aller qualitatif , je n'en crois rien.Des commentaires dithyrambiques ne peuvent que maintenir la dynamique de création.
Sinon pour le faire-part , c'est à quelle adresse ?
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