jeudi 19 juin 2008

Douze films incontournables de l'année à venir

Laissez-moi deviner… : vous ne seriez pas contre briller un peu en société, n'est-ce pas ?
N'aimeriez-vous pas surprendre vos amis lors d'une de ces conversations animées autour d'un dîner, impressionner votre jolie voisine, clouer le bec de votre collègue soi-disant incollable sur le cinéma ? Ne rêveriez-vous de connaître les futurs projets de Brad, George, Johnny, Will ou Leo bien avant Christian de Dadelsen, le chroniqueur cinéma du journal de TF1 ? A moins que vous ne cherchiez simplement des suggestions pour conseiller à vos lecteurs autre chose qu' "X-files 2" sur votre blog à succès ? Faites-moi confiance, et dans cinq minutes vous serez un virtuose des pronostics pour les Oscars 2009.

A l'heure où le journal de vingt heures ne parle que des films en salles, votre collègue des films de la semaine prochaine, vos enfants de ceux du mois prochain, je vous propose un billet sur ma sélection de douze futurs films incontournables, non pas du moment ni de l'été, mais de l'année à venir.

Mais tout d'abord, briller en société impose la lecture d'un long et laborieux mode d'emploi.
1. Je ne parlerai ici que de films américains : ne tentez donc pas de discourir sur le prochain film de Christian Clavier ou de Clovis Cornillac, ce billet ne vous serait alors d'aucune aide.
2. Je ne parlerai pas plus des films estivaux, à l'exception d'un "bijou", pour la raison évidente que tout le monde a déjà entendu parler des films de l'été ("Kung Fu Panda", "Hancock", "L’incroyable Hulk", "Batman"…). Je vous suggère donc de faire de même.
3. Je m'abstiendrai de citer certains films, à une petite exception près, pour des raisons personnelles et "déontologiques" que certains comprendront (parce que même le Sibère Carnet a ses règles de déontologie). Vous avez cependant toute liberté de vous affranchir de cette liste non exhaustive, et de citer d'autres films. Notez toutefois que la responsabilité de l'auteur du présent billet ne pourrait alors être engagée.
4. Dans cette liste figurent bien sûr des films dont le tournage commence à peine et qui ne seront pas achevés avant six mois : il est probable que certains seront malheureusement ratés. Je vous invite donc à ne pas vous engager sur la qualité de ces films sans les avoir vus, vous risqueriez de vous en mordre les doigts dans quelques mois. Ne prenez pas le risque par exemple de recommander "The Spirit" (qui ne figure évidemment pas dans cette liste), votre crédibilité en serait sérieusement affectée dès le jour de sa sortie, le 28 janvier 2009…
5. Enfin, il va sans dire que ce choix est évidemment le reflet de goûts personnels, et non une quelconque estimation de box-office. Je vous déconseille donc fortement de parier votre salaire sur les performances de ces films lors de dîners trop arrosés.

Voici donc dans le désordre "mes douze films incontournables de l'année à venir". Croyez-moi, au milieu des deux-cent cinquante films américains produits chaque année, ces douze là seront très probablement parmi les meilleurs. Si vous cliquez sur les images correspondantes, vous découvrirez également de larges photos de ces films. En conclusion de ce long préambule, un dernier conseil : n'hésitez ni à vous munir d'un papier et d'un crayon pour prendre des notes, ni à avoir une pensée pour votre informateur zélé quand vous verrez prochainement l'admiration briller dans le regard de vos interlocuteurs...

"Body of lies"
Ridley Scott, bien que déjà septuagénaire, vient récemment d’achever le tournage de ce film nerveux. Emmené par Leonardo DiCaprio et Russell Crowe, le film est adapté du bouquin homonyme de David Ignatius, un véritable journaliste du Washington Post. DiCaprio y incarne un ancien journaliste spécialiste de l'Irak recruté par un vétéran de la CIA, joué par Russell Crowe, pour opérer anonymement en Jordanie, sous couvert de journalisme, afin de traquer un chef terroriste. Imaginez la modernité du réalisateur de "La chute du faucon noir" mise au service d'une histoire haletante mélant espionnage et manipulations.

"Quantum of Solace"
Si comme moi vous avez été très impressionné par le "dépoussiérage" du plus célèbre des espions de cinéma, dans "Casino Royale", vous comprendrez aisément que l'opus à venir du prochain James Bond figure dans cette liste. Daniel Craig y affrontera le Français Matthieu Amalric, et sera entouré de deux ravissantes James Bond girls, Gemma Arterton et Olga Kurylenko, qui à elles seules devraient justifier l'achat de votre ticket dès le 5 novembre.

"Burn after Reading"
Après "No Country for Old Men", les frères Coen reviennent à une improbable "comédie noire d’espionnage" qui n'est pas sans rappeler l'humour déjanté d'un "Big Lebowski". Vous jubilerez certainement à suivre les tribulations de George Clooney, Brad Pitt et John Malkovich ! Malkovich incarne un agent de la CIA licencié, qui occupe son temps à rédiger ses mémoires évidemment interdites. Celles-ci vont tomber par erreur entre les mains de deux stupides employés d'un club de gym, Pitt et Clooney, qui décident de les vendre au plus offrant. Mais… à qui et comment ?

"Madagascar Escape 2 Africa"
Et revoilà Alex le lion, Marty le zèbre, Melman la girafe et Gloria l'hippopotame ! Les locataires évadés du zoo de New York atterrissent en Afrique. Confrontés à la réalité de la vie sauvage, ils vont bientôt se battre pour… retrouver d'urgence la civilisation et le confort new-yorkais ! Dans le fond, une autre façon de parler avec humour d'écologie, de tourisme ou de différence de cultures, pour ce qui s'annonce comme le film d'animation de Noël.

"Australia"
Il est peu probable que vous résistiez à Noël à la tentation d'aller voir cette magistrale fresque romantique, dont on dit déjà qu'elle pourrait rafler un bon nombre d'Oscars, et dont je souhaite qu'elle n'ait rien à envier aux grands classiques du genre, de "Autant en emporte le vent" à "Docteur Jivago". Détaillons la recette de cette histoire d'amour épique et aventureuse : derrière la caméra se cache Baz Luhrmann, le talentueux prodige de "Moulin Rouge". Dans le rôle du grand couple de cinéma, version Bogart / Hepburn dans "The African Queen", Hugh Jackman et Nicole Kidman. Dans le rôle du décor, les magnifiques paysages de l'Australie. Et enfin, comme dans toute histoire d'amour mythique, on n'oubliera pas la toile de fond dramatique rajoutant la dose nécessaire de dramaturgie : "Autant en emporte le vent" avait sa guerre de sécession, "Jivago" sa révolution russe, le paquebot de James Cameron son naufrage, "Australia" aura sa seconde guerre mondiale ! Nicole Kidman endosse la panoplie d'une aristocrate anglaise qui va traverser l'Australie accompagnée par un rustre éleveur interprété par Hugh Jackman. Au cours de leur long périple à travers le continent, ils affronteront quelques petites épreuves propres à donner du goût à toute bonne histoire d'amour, parmi lesquelles je ne citerai que le bombardement de la ville de Darwin par les forces japonaises. Allez, plus que cinq mois à patienter…

"Seven Pounds"
Après le costume de super-héros alcoolique de "Hancock" (un film malheureusement à moitié réussi ou à moitié raté, c'est selon), Will Smith endosse un costume d'un autre genre dans ce film de l'Italien Gabriele Muccino que vous découvrirez dans un peu plus de six mois. Will Smith y joue un agent du fisc, dépressif et rongé par le remord. Il décide de s'amender, en apportant son aide à sept étrangers, parmi lesquelles va se trouver Emily (Rosario Dawson), une jeune femme malade du cœur devant laquelle il se trouve provisoirement désarmé...

"Revolutionary Road"
Ce couple ne vous dit rien ? Sur quelle planète avez-vous vécu à la fin du vingtième siècle ? Le réalisateur "oscarisé" Sam Mendes orchestre le retour du jeune couple du plus gros succès de l'histoire du cinéma, Leonardo DiCaprio et Kate Winslet. Dans l'esprit de son "American Beauty", Sam Mendes dépeint un jeune couple aisé de l'Amérique des années Cinquante qui, derrière l'obligatoire "façade" sociale, tente de survivre à ses problèmes de couple, de vie, d'éducation des enfants. Le couple croit trouver une solution à ses problèmes en partant s'installer en France où, pense-t-il, il pourra se raccommoder et s'éloigner du consumérisme américain… Le film de la maturité pour le couple adolescent de "Titanic" !

"Wall-e"
Comment passer sous silence le prochain film d'animation des génies de Pixar, auxquels nous devons "Ratatouille", "Monstres et Compagnie", "Toy Story", "Cars" ou "Le Monde de Nemo" ? Les rois de l'animation maîtrisent aussi bien les défis technologiques virtuels inaccessibles à leurs concurrents (l'animation des poils pour "Monstres et Compagnie", l'eau pour "Nemo", le goût pour "Ratatouille"), que la conception d'histoires humanistes ou la paternité de personnages absolument adorables. Les virtuoses n'étant plus à un défi près, ils tenteront cet été de faire passer des sentiments, de vous faire rire et de vous émouvoir par le biais d'un… robot en ferraille, qui plus est muet ! A partir d'une idée de départ des plus simples ("que se passerait-il si l'homme quittait la terre en oubliant d'éteindre le dernier robot ?"), les prodiges sont allés puiser dans l'art du mime pour exprimer sans paroles des sentiments universels. Les puristes cinéphiles ne manqueront d'ailleurs pas de reconnaître quelques clins d'œil aux "Lumières de la ville", de Charlie Chaplin, dont le véritable titre est d'ailleurs "City Lights: A Comedy Romance in Pantomime" ("une comédie romantique en pantomime"), une description qui, quatre-vingts ans plus tard, s'applique parfaitement à "Wall-e".

"Harvey Milk"
L' "oscarisé" Sean Penn, sous la direction du "palmedorisé" Gus Van Sant, incarnera bientôt sur les écrans Harvey Milk, le premier homme politique américain ouvertement gay, qui, dans l’Amérique des années Soixante-dix, mena la lutte pour la reconnaissance des homosexuels. Briguant les plus hautes fonctions municipales de San Francisco, il finira par être assassiné. Peinture des Seventies, biographie engagée, enjeux dramatiques, portée de ce combat dans notre société actuelle, et évidemment acteur principal fascinant laissent penser que ce film pourrait s'inscrire dans la lignée des films de "société", comme "Philadelphia" en son temps. Il va sans dire que ce rôle titre et la stratégie de sortie de Focus Features (les producteurs de "Lost in Translation", "Brokeback Mountain", "Into the wild") imposeront de facto Sean Penn comme un prétendant très sérieux à l'Oscar du Meilleur Acteur…

"Duplicity"
Peut-être êtes-vous passés à côté de "Michael Clayton", avec George Clooney, un film exigeant mais brillamment réalisé par Tony Gilroy. Car si la thématique et le scénario en faisaient un film un peu difficile d'accès, la virtuosité du réalisateur était en revanche indiscutable. Les plus grandes stars hollywoodiennes ne s'y sont pas trompées, jouant des coudes pour tourner sous la direction du nouveau metteur en scène. Pour "Duplicity", Tony Gilroy a donc choisi Julia Roberts et Clive Owen, pour interpréter un couple d'amants espionnant pour des entreprises concurrentes, avant qu'ils ne décident de s'associer pour dévaliser leurs employeurs respectifs grâce à une splendide arnaque. Une pincée du glamour d' "Intolérable cruauté", un soupçon de "L'arnaque", et comme son nom l'indique, une bonne dose de duplicité !

"Public enemies"
Après Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Sergio Leone et Brian de Palma, c'est au tour de Michael Mann de s'essayer au genre réservé à ses glorieux aînés, la fascinante peinture du Crime aux Etats-Unis. Vous plongerez avec lui au cœur de la vague du crime des années Trente et assisterez à la naissance du FBI, en accompagnant la fascinante carrière du célèbre gangster John Dillinger (Johnny Depp), sans cesse traqué par l’agent Purvis (Christian Bale). Petite touche amusante, Johnny Depp est accompagné par notre "Academy Award winner" nationale, j'ai nommé Marion Cotillard !

"The curious case of Benjamin Button"
Vous ne reconnaissez pas ce vieillard ? Dix ans après "Fight Club" et treize ans après "Seven", David Fincher retrouve son acteur fétiche, un certain... Brad Pitt. Mais cette fois, David Fincher met en scène un film étrange et poétique aux accents "Timburtonien", en nous contant l'histoire fantastique d'un bébé né vieillard qui va rajeunir tout au long de sa vie. Vous découvrirez donc Brad Pitt perdant ses rides tout au long de sa vie, tandis que Kate Blanchett devient une vieille dame, rendant leur histoire d'amour peu aisée… Un scénario alambiqué qui pourrait tout aussi bien donner un film raté qu'un petit bijou cinématographique !

J'espère vous avoir mis l'eau à la bouche ! Rendez-vous en juin prochain !

(Bonus Nota Bene pour les parents : si vous voulez briller aux yeux de vos chers enfants, sachez que les films de l'été 2009 seront notamment "L'Age de Glace 3", "Up", le prochain film d'animation de Pixar, ou bien encore l'adaptation cinématographique de la série "Totally Spies". A voir au cinéma, si évidemment, ils restent sages pendant un an !)

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